Acheter usagé

Acheter usagé

Article de La Presse+ Affaires

Acheter usagé, un choix intelligent pour vos finances.

Stéphanie Grammond La Presse

Une Ford Focus à 59 000 $

Quand je vois un contrat de vente pour une petite Ford Focus à 59 000 $, je me dis qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans l’industrie du prêt automobile.

Alors que les ventes de véhicules battent des records historiques, plusieurs groupes s’inquiètent des pratiques de financement de plus en plus persuasives. Aux États-Unis, certains brandissent même le spectre d’une nouvelle crise du crédit qui émanerait des prêts à risque dans l’automobile.

Là-bas, 39 % des prêts-auto sont contractés par des acheteurs qui ont un dossier de crédit à risque, ou « subprime », un terme que l’on a beaucoup entendu lorsque le marché immobilier s’est écroulé en 2008.

Au Canada, environ le quart des nouveaux prêts sont destinés à des consommateurs qui ont un dossier de crédit de moindre qualité. En décembre dernier, la Banque du Canada, qui est préoccupée par le surendettement des ménages, a justement lancé un avertissement sur le prêt-auto.

Le crédit automobile augmente à vive allure depuis 2011, à raison de 9 % par année, contre seulement 4 % pour les autres types de crédit. Le marché a bien changé depuis la crise du crédit qui a mis à genoux les filiales de financement des constructeurs automobiles. Celles-ci ont mis le frein sur la location, qui ne représente plus que 30 % des contrats contre 66 % avant la crise.

De leur côté, les banques ont sauté sur l’occasion pour gagner des parts de marché dans le financement automobile. Comme la loi leur interdit d’offrir du crédit-bail, elles ont modifié leurs conditions de prêt pour attirer les consommateurs avec des paiements aussi faibles que la location.

Paiement étiré sur six, sept ou même huit ans. Versements toutes les semaines ou toutes les deux semaines. Deuxième ou troisième chance au crédit.

Ces conditions de crédit plus laxistes vont-elles mener à une nouvelle crise financière ? Pas pour l’instant, car les prêts-auto ne représentent qu’un faible pourcentage du portefeuille de prêts des institutions financières canadiennes et seulement 7 % des dettes des ménages.

Toutefois, les conséquences de ce laisser-aller sur les consommateurs plus vulnérables peuvent être terribles.

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Pour vous en convaincre, jetez au coup d’œil aux quatre exemples de prêts-auto tirés par les cheveux que m’a fait parvenir le syndic de faillite Pierre Fortin, du cabinet Jean Fortin & associés.

Vous comprendrez comment un homme en est arrivé à payer 59 000 $ pour une Ford Focus. Un an plus tôt, le client avait acheté une Ford Fusion flambant neuve. Il lui restait plus de 34 000 $ à payer, soit davantage que la valeur du véhicule.

Qu’à cela ne tienne ! Le concessionnaire a refinancé l’ancienne dette sur le nouveau prêt. Et le client est ressorti avec un nouveau prêt sur huit ans… qui l’a mené rapidement au bord de la faillite.

Avec la durée des prêts qui s’étire, ce genre de refinancement devient plus fréquent. Souvent, les concessionnaires invitent les clients à des événements spéciaux pour leur présenter leurs nouveaux modèles avant la fin de leur contrat.

Le consommateur qui revend son auto avant l’échéance doit souvent sortir de l’argent de ses poches, car sa valeur de revente ne sera pas suffisante pour rembourser le reste de son prêt. Sauf que le concessionnaire camoufle cette dette dans le nouveau prêt. Dans l’industrie, on parle d’un actif négatif (plus chic qu’un passif !) ou encore d’une « baloune ».

C’est une dette par-dessus l’autre.

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Pour les consommateurs plus vulnérables, les prêts-auto peuvent devenir un véritable boulet. Dans l’univers de la « deuxième chance au crédit » où « personne n’est refusé », il faut s’attendre à payer jusqu’à 30 % d’intérêt. Extrêmement lourd à porter pour des consommateurs qui sont déjà dans une situation pénible.

Dans certains cas, le concessionnaire empoche une commission supérieure s’il parvient à signer un prêt à un taux d’intérêt supérieur, déplore George Iny, président de l’Association pour la protection des automobilistes.

Franchement tordu ! C’est comme si la banque le payait plus cher pour qu’il abuse du consommateur.

Mais le taux d’intérêt ne dit pas tout. Les consommateurs plus à risque doivent souvent prendre une assurance vie ou invalidité pour avoir droit au prêt. D’autres doivent opter pour une garantie prolongée qui représente plus du quart de la valeur du véhicule. Et puis, il y a des frais d’administration et toutes sortes d’autres petites surprises qui gonflent les coûts d’emprunt.

« Trop souvent, les gens les plus vulnérables signent des contrats sans trop d’analyse ou de réflexion », constate M. Fortin.

C’est bien dommage, car l’information obligatoire en vertu de la Loi sur la protection du consommateur se trouve dans le contrat. Mais encore faut-il prendre le temps de le lire attentivement et ne pas se concentrer uniquement sur la mensualité.

Mais au lieu de vous mettre la corde au cou pour huit ans, il serait plus sage d’acheter un véhicule d’occasion, si votre situation financière est instable.

Selon M. Iny, il est possible de dénicher une voiture qui coûtera 3000 $ et qui tiendra la route encore trois ans, sans trop d’entretien. Une Tercel de Toyota, une Cavalier de Chevrolet qui a 10 ans, par exemple. En l’achetant d’un particulier qui en a pris soin, vous contournerez la commission d’un vendeur d’occasion. Et en la faisant inspecter méticuleusement par un expert, vous éviterez de vous retrouver avec un cancer roulant dont l’odomètre a été reculé.

Cela vous donnera le temps de mettre vos finances en ordre.

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